17 janvier - Comment l’Église «conseille»

La façon de communiquer de l’Église primitive apparaît dans les adjectifs et adverbes qui qualifient les genres de la communication. Par exemple, l’échange des dons de l’Esprit doit se faire «pour l’édification de l’assemblée» (1 Co 14,12); «Prophétiser, chacun à son tour, pour que tout le monde soit instruit» (1 Co 14,31); tout doit se faire «convenablement et avec ordre» (1 Co 14,40), «avec humilité» (Ph 2,3) dans les rapports avec les autres (…); il faut grandir dans un corps «coordonné et bien uni grâce à toutes les articulations qui le desservent» (Ep 4,16). Dans les communications qui concernent les avertissements, les reproches, il faut procéder «avec douceur» (Ga 6,1) et l’annonce doit être faite avec «hardiesse» (Ep 6,20). Si nous approfondissons ces qualifications, ainsi que d’autres, de la communication, nous nous apercevons qu’émergent certaines constantes: l’ordre, la douceur, la diligence, l’attention, l’empressement, une certaine capacité d’organisation afin qu’il n’y ait pas de confusion ou de dispersion. (…) Le fait de conseiller, dans l’Église, se déroule à l’intérieur de la communauté et vise à apporter ordre, unité, humilité, bonté, en aidant à dominer l’impulsivité, les interventions inopportunes, intempestives, l’incapacité de rassembler les idées et de les mettre ensemble.

Cardinal Carlo Maria Martini

Le conseil dans l’Église
Au Conseil pastoral diocésain, 15 avril 1989