Le principe de l’Église-communion, affirmé par Vatican II et par beaucoup de documents successifs du magistère catholique, s’il est adapté aux nouvelles exigences, peut à juste titre enthousiasmer les jeunes prêtres. Mais, en même temps, il crée un certain nombre de difficultés, parce qu’il demande de travailler non seulement en union avec l’évêque et avec les confrères dans le ministère, mais aussi avec les laïcs. Or, dialoguer avec ces derniers demande au prêtre de savoir rester à l’écoute, ce qui n’est pas facile à cause du manque de formation au dialogue et des habitudes prises.
À ce sujet, je pourrais offrir une riche expérience puisque, durant mon exil, alors que le gouvernement m’avait interdit d’exercer le ministère, j’ai vécu dans des groupes clandestins de laïcs, dirigés par eux-mêmes. Une éventuelle présidence de ma part aurait été, du point de vue politique, encore plus dangereuse. J’ai ainsi été «contraint» d’apprendre le dialogue et j’en ai découvert l’importance primordiale pour construire la communion.
Cardinal Miloslav Vlk
Spiritualité du prêtre diocésain
Gen’s 26 (1996/1) p. 13