3 janvier - Le Christ sur le visage de l’Église

Tout de suite, la première phrase de la Constitution sur l’Église clarifie le fait que le Concile ne considère pas l’Église comme une réalité fermée sur elle-même, mais qu’il la voit à partir du Christ: «Le Christ est la lumière des nations: réuni dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toute créature la Bonne Nouvelle de l’Évangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église.»
À l’arrière-plan, nous reconnaissons l’image présente dans la théologie des Pères qui voient dans l’Église la lune: celle-ci n’a pas par elle-même de lumière propre, mais elle renvoie la lumière du Christ-Soleil. L’ecclésiologie montre qu’elle dépend de la christologie, qu’elle lui est liée. Cependant, puisque personne ne peut parler correctement du Christ, du Fils, sans en même temps parler du Père, et puisque l’on ne peut parler correctement du Père et du Fils sans se mettre à l’écoute de l’Esprit Saint, la vision christologique de l’Église s’élargit nécessairement en une ecclésiologie trinitaire (LG, 2-4). Le discours sur l’Église est un discours sur Dieu, et c’est seulement ainsi qu’il est correct.

Cardinal J. Ratzinger
Ecclésiologie de L.G. Conférence du 25 février 2000