
Pour parler, le supérieur doit être doué d’une autorité humble, alors que l’inférieur doit posséder une humilité libre. Mais, chez les hommes, l’ordre de la phrase est souvent inversé.
En effet, parfois, l’un parle gonflé d’orgueil et croit parler avec l’autorité de la liberté, un autre se tait par crainte stupide et croit se taire par humilité.
(…)
Car, l’un, s’il regarde ceux qui lui sont soumis sans tenir compte de Celui dont tous dépendent, grandit en orgueil et se vante de son orgueil comme si c’était de l’autorité. Cet autre, au contraire, s’il craint de perdre la faveur de son supérieur, et donc de subir quelque atteinte temporelle, cache ce qu’il pense et, tacitement, appelle en lui-même humilité la crainte qui le domine; mais en se taisant, il juge en son cœur celui à qui il ne veut rien dire, et il arrive que là où il se considère humble, il soit orgueilleux de la pire façon.
C’est pourquoi on doit toujours distinguer la liberté de l’orgueil, l’humilité de la timidité, pour ne pas confondre humilité et timidité, liberté et orgueil.
Saint Grégoire le Grand
Traduit de l’italien. Omelie su Ezechiele I
IX 1,9, 12, 13