
Celui qui appartient au Christ doit vivre à fond toute la vie du Christ. Il doit grandir jusqu’à la maturité du Christ, (…) passer par Gethsémani et par le Golgotha. Et toutes les souffrances qui peuvent lui arriver de l’extérieur ne sont rien en comparaison de la nuit obscure de son âme, quand la lumière divine ne brille plus et que la voix du Seigneur ne s’entend plus. Dieu est toujours là, mais il reste caché.
Les souffrances et la mort du Christ continuent dans son Corps mystique et en chacun de ses membres. Souffrir et mourir est le destin de tout homme. Mais, s’il est membre du Corps mystique du Christ, sa souffrance et sa mort assument, par l’intermédiaire de la divinité de la tête, une valeur expiatoire, corédemptrice. (…)
Ainsi, Celui qui est lié au Christ persévérera inébranlable même dans la nuit obscure de l’éloignement subjectif de Dieu et de l’absence de Dieu; il se peut que l’économie divine du salut se serve de ses tourments pour libérer quelqu’un qui est objectivement enchaîné au péché. C’est pourquoi voluntas tua! Même, et surtout, au milieu de la nuit la plus sombre.
Edith Stein
Traduit de l’italien. La vita come totalità
Città Nuova, Rome 1990, pp. 204-205