
Même l’homme moderne, malgré ses conquêtes, effleure, dans son expérience personnelle et collective, le gouffre de l’abandon, la tentation du nihilisme, l’absurdité de tant de souffrances physiques, morales et spirituelles.
La nuit obscure, l’épreuve qui fait toucher le mystère du mal et exige l’ouverture de la foi, prend, parfois, des dimensions d’une époque et des proportions collectives (…). Jean de la Croix, avec son expérience, nous invite à la confiance, à nous laisser purifier par Dieu; dans la foi pleine d’espérance et d’amour, la nuit commence à connaître «les lumières de l’aurore»; elle devient lumineuse comme une nuit de Pâques (…).
Si seulement les nuits obscures qui s’amoncellent sur les consciences individuelles et sur les collectivités de notre temps étaient vécues dans la foi pure, dans l’espérance qui «obtient dans la mesure où elle espère»; dans l’ardent amour de la force de l’Esprit, afin qu’elles se convertissent en journées lumineuses pour notre humanité affligée, en victoire du Ressuscité qui libère par la puissance de sa croix!
Jean-Paul II
Célébration en l’honneur de saint Jean de la Croix
Ségovie, 4 novembre 1982