
Si je devais choisir
une relique de ta Passion,
je prendrais sûrement cette cuvette
pleine d’eau sale.
Courir le monde avec ce récipient
et à chaque pied
me ceindre de la serviette
et me courber jusqu’à terre,
sans jamais lever le regard plus haut que le mollet,
pour ne pas distinguer
les ennemis des amis,
et laver les pieds du vagabond,
de l’athée, du drogué,
du prisonnier, de l’homicide,
de celui qui ne me salue plus,
de ce compagnon pour qui je ne prie plus,
en silence,
afin que tous comprennent ton amour
dans le mien.
Luigi Santucci
Traduit de l’italien Una vita di Cristo
San Paolo, Milano, 2001