Dans mon pays, avant la Perestroïka (Döi möi), n’étaient restés dans les deux diocèses de Lang Son et Bàc Ninh au nord du Vietnam que deux prêtres qui ne pouvaient sortir librement de leur résidence. Le cardinal Joseph Trinh Nhu Khué raconte: «De petits groupes de deux ou plus vivaient l’Évangile dans le quotidien et s’aidaient de toutes les manières; et, dans le don réciproque, ils expérimentaient la présence de Celui qui a dit: “Prenez courage! J’ai vaincu le monde” (Jn 16,33)».
C’est surtout grâce à ces petits groupes (…) que l’Église a survécu dans mon pays. Partout, en effet, on pouvait vérifier cette présence du Christ. Même parmi deux chrétiens qui se rencontraient au marché ou deux hommes qui travaillaient côte à côte dans le camp de rééducation. Il n’y avait pas besoin de se parler. Il n’y avait pas besoin d’un contexte particulier. Il suffisait de s’unir «en son nom», ce qui revient à dire dans son amour. Et l’on expérimentait la présence du Ressuscité qui illuminait et réconfortait. (…)
C’est justement quand tout venait à manquer, que Jésus s’est remis à marcher sur les routes de notre pays. Il est sorti des tabernacles et s’est rendu présent dans les écoles et les usines, dans les bureaux et les prisons.
Cardinal François-Xavier Van Thuan
Témoins de l’espérance
Nouvelle Cité 2000, pp. 181-182